Christian Cochini

Christian Cochini

Fr. Cochini is a French Jesuit priest who has been involved for several years in inter-religious dialogue in China. He is the author of a Guide to the Main Buddhist Temples in China.

Friday, 11 July 2014 00:00

Le Renouveau du Bouddhisme de Chine continentale et son interaction avec les pouvoirs publics


Depuis la politique d'ouverture inaugurée par Deng Xiaoping en 1978 , le Bouddhisme de Chine continentale connaît un renouveau spectaculaire. Il est en fait celle cinq grandes religions de Chine qui a mis le plus à profit les conditions créées par le gouvernement. Les millions de touristes, chinois ou étrangers, qui visitent chaque année la Chine peuvent en témoigner : une grande majorité des sites les plus fréquentés sont des sanctuaires bouddhistes, construits, ou reconstruits, dans les trente et quelques dernières années. Quasiment anéantie pendant la Révolution Culturelle, la religion du Bouddha Sakhyamuni renaît aujourd'hui de ses cendres avec une vitalité surprenante, qui témoigne de sa volonté de reprendre sa place dans la société chinoise contemporaine et, comme par le passé, plus encore peut-être que par le passé, de jouer un rôle de premier plan dans la modernisation du pays.

D'après les statistiques officielles, il y a actuellement en Chine plus de 13000 temples bouddhistes, et environ 200,000 moines et nonnes, ainsi répartis : 1) plus de 3000 temples et monastères du bouddhisme tibétain, ou lamaisme, avec 7 millions de fidèles appartenant à diverses ethnies et environ 120,000 moines et nonnes ; 2) plus de 1000 temples et monastères du bouddhisme de langue Pali, pratiqué essentiellement dans le sud et le sud-ouest du Yunnan, avec environ 1,5 million de fidèles et environ 8000 moines et nonnes ; 3) plus de 9000 temples et monastères de la nationalité Han, qui forme la partie la plus nombreuse e la nation chinoise, avec plus de 70,000 moines et nonnes.

Autre signe de vitalité: plusieurs instituts d'études bouddhistes ont été ouverts, ou ré-ouverts, dans le but de former une élite de moines et de nonnes ayant une profonde vie spirituelle combinée avec un haut niveau d'instruction. Plusieurs promotions de jeunes moines et nonnes, déjà sortis de ces instituts, sont maintenant à pied-d'œuvre pour contribuer à la propagation du Bouddhisme et à son intégration dans la société chinoise moderne. Le premier de ces instituts est l'Institut bouddhiste de Chine, ré-ouvert à Beijing, au Fayuan si法源寺, en 1980.

Toutes ces réalisations ne sont possibles qu'avec l'aide et sous le contrôle du gouvernement. La majorité des temples, monastères ou instituts qui ont été bâtis ou restaurés après la Révolution Culturelle ont reçu un soutien financier substantiel des organismes d'Etat, et les diverses activités qui s'y déroulent sont soumises à l'approbation des autorités, comme pour les autres religions dans le pays. Le renouveau extraordinaire du Bouddhisme qu'on observe en ce moment en Chine montre que le gouvernement est lui-même directement intéressé au progrès de cette religion qui, dans le passé, a joué un rôle décisif dans l'histoire et la civilisation chinoises.

Pour mieux comprendre cette interaction entre le Bouddhisme et le gouvernement chinois, il peut être utile de jeter un regard rétrospectif sur les deux mille ans d'histoire du Bouddhisme en Chine. Il apparaît dès l'abord évident que cette religion venue de l'Inde n'a pu prendre racine et progresser dans l'Empire du Milieu qu'avec le soutien des autorités civiles. C'est un fait nettement reconnu par le Maître Dao An 道安(312-385), un traducteur et interprète renommé des Ecritures bouddhistes de la dynastie des Jin orientaux, qui posa comme principe que « sans le soutien des dirigeants du pays, les affaires du Dharma ne sont pas sur un terrain solide ».

Ce principe, qui en quelque sorte résume l'histoire de l'établissement du Bouddhisme en Chine, est aussi une sorte d'axiome qui définit la ligne de conduite adoptée au cours des siècles par le Sangha. Des bonnes relations avec l'Etat dépend le sort des temples : prospérité ou déclin. Ce qu'on peut lire dans les Annales du temple Guoqing 国清寺 (Zhejiang) peut se dire de la grande majorité d'entre eux : « Au cours des siècles, le temple Guoqing a prospéré et a largement propagé le Dharma grâce à la magnanimité des princes et des empereurs ; les guerres et le mépris des puissants pour le Bouddhisme ont conduit à son déclin. De la grandeur à la décadence, de la décadence à la grandeur, la tradition bouddhiste étant gardée sans interruption, telle est la caractéristique de l'histoire séculaire du temple Guoqing ». Zanning 赞寧(919-1001), Maître bouddhiste auteur des « Biographies des moines éminents de la dynastie Song. » dira un jour : « Bouddha confia le Dharma aux rois et aux ministres ». Il faisait très probablement allusion à deux soutras, aujourd'hui jugés apocryphes, mais qui eurent tout au long de l'histoire de Chine une influence décisive sur l'attitude des princes à l'égard du Bouddhisme : le Humane King Sutra1, et le Golden Light Sutra2. En « confiant le Dharma aux rois et aux ministres », Bouddha non seulement leur confiait la protection de la religion, mais il leur donnait par le fait même une autorité leur permettant d'exercer un contrôle direct sur le Sangha. L'histoire des temples le montre : ce sont eux qui autorisent la construction des monastères, et souvent en assurent, au moins en partie, le financement ; ce sont eux qui confèrent au temple son nom officiel par le don d'une inscription, ainsi que le sceau officiel, lui donnant par là droit de cité ; eux encore qui nomment les prieurs (Fangzhangs) des principaux temples et confèrent à certains d'entre eux le titre de « maître national », ou de « maître impérial ». Bref, l'existence même et les activités des monastères dépendent de leur bon vouloir. Ils dépendent aussi souvent de leurs largesses, car princes et empereurs aiment se montrer généreux et prodiguer les donations : instruments liturgiques, peintures, calligraphies, poèmes, objets précieux, Tripitakas et autres, qui forment et enrichissent le patrimoine culturel des temples.

Naturellement, les souverains de l'histoire de Chine ne furent pas tous favorables au Bouddhisme, comme en témoignent les grandes persécutions subies par la religion à diverses époques, notamment au temps de l'empereur Wuzong, 武宗 (841-845), de la dynastie des Tang. Mais on pourra retenir ici, en guise d'illustration, les noms de quelques-uns d'entre eux qui exercèrent l'influence la plus positive sur le développement du Bouddhisme :

Liang Wudi 梁武帝 (502-549) Le plus fervent et le plus libéral des souverains des dynasties du Sud, lesquels furent tous favorables au Bouddhisme. Grand partisan du Sangha, il fut surnommé « l'empereur Bodhisattva » ; à la tête de ses sujets pour l'observation des préceptes, il entra lui-même plusieurs fois dans la vie monastique et construisit de nombreux temples, y compris le temple Kaishan (le futur temple Linggu), à Nanjing, pour honorer la mémoire de son conseiller favori, le moine Bao Zhi.

Wu Zetian武则天 (684-704) Elle se considérait comme la mère du Bouddha, et l'incarnation de Maitreya. Ayant autrefois passé trois ans dans un couvent de Bikkhunis, elle avait une affection spéciale pour la montagne sacrée du Wutaishan, où elle construisit plusieurs temples et pagodes, faisant don à la montagne de livres, de statues et d'autres objects de valeur.

Kubilay Khan (1214–1294) De Kubilay (Shizong世宗) le fondateur, à Shundi順帝, le dernier de la dynastie, les maîtres de la dynastie Yuan furent tous de fervents partisans du Bouddhisme, à qui ils prodiguèrent présents et faveurs. Le nombre des temples augmenta, et la population monastique accrut de façon spectaculaire. Le plus fameux lama fut Basiba八思巴, que Kubilay nomma « maître impérial » et dont il fit son premier ministre. Basiba créa la langue qui porte son nom ; elle entra en vigueur en 1269 et fut la langue officielle tout au long de la dynastie Yuan.

Zhu Yuanzhang 朱元璋 (1368-1398), Le fondateur de la dynastie Ming. Il avait été moine dans sa jeunesse, et conserva toujours un grand intérêt pour le Bouddhisme, à la fois par conviction personnelle et pour des raisons politiques. Il l'aida à se développer et à s'organiser, édictant des règles strictes pour l'admission dans le Sangha et pour la discipline monastique.

Kangxi康熙 (1662-1722) Il se considéra comme l'incarnation du Bouddha Wuliangshou (le Bouddha de la vie infinie, i.e. Amithaba). Il visita cinq fois la montagne sacrée du Wutaishan ; parmi d'autres gestes significatifs, il conféra au grand Lama de la lamaserie Pusa Ding菩薩頂 le sceau de gouverneur, et plaça toutes les autorités de la province du Shanxi sous son autorité. Il fit aussi recouvrir les grands halls du temple de brillantes tuiles de couleur jaune, une couleur normalement réservée aux édifices de la famille impériale.

Qianlong 乾隆 (1736–96) Il se considéra comme l'incarnation du Bodhisattva Guanyin. Il visita six fois Wutaishan, laissant à chaque fois des signes élogieux de son passage, sous forme de poèmes ou de calligraphies. A la mort de l'empereur Yong Zheng雍正, il transforma le palais de celui-ci, le Yong He Gong雍和宫, en une lamaserie aux couleurs impériales, conférant ainsi au Bouddhisme tibétain une place des plus enviées au cœur de la capitale.

Cixi 慈喜 (1835-1908) : Elle se considéra aussi comme l'incarnation du Bodhisattva Guanyin, et aima se faire appeler « Laofoye老佛爷", i.e. le vieux Bouddha.

Ces exemples, et de nombreux autres dans l'histoire bimillénaire du Bouddhisme de Chine, montrent qu'en « confiant le Dharma aux rois et aux ministres », le Bouddha Sakyamuni assura effectivement l'implantation et le développement de sa religion dans l'Empire du Milieu.

Le soutien des princes impliquait en retour l'engagement des Bouddhistes du royaume pour promouvoir la prospérité, la sécurité et la stabilité nationales. Cette responsabilité fut assumée en grande partie par ceux des membres de la Sangha à qui était conféré le titre honorifique de « maître national 國師», ou de « maître impérial帝師 ». Conseillers des souverains, ils contrôlaient la bonne organisation des communautés monastiques, et surtout, par leur prestige et leur ascendant, contribuaient à accréditer la légitimité du Pouvoir. Ce fut le cas, par exemple, de Fo Tudeng 佛图澄(232-348), conseiller principal de l'empereur Shile 石勒des Zhao postérieurs, grâce à qui le bouddhisme devint la religion officielle du royaume3; du maître national Kumarajiva鸠摩罗什( ? 343-413), dont la qualité inégalée des traductions assura au bouddhisme une position de premier plan ; de Xuanzang 玄奘(ca 600-664), qui, sans en avoir le titre officiel, jouissait en fait, tout comme un maître national, des faveurs exceptionnelles de l'empereur, et fit du Bouddhisme en Chine une religion privilégiée ; du maître national Chengguan澄觀738-838), quatrième patriarche du Huayanzong, l'Ecole de la Guirlande de fleurs, qui fut le maître spirituel de sept empereurs successifs ; de Basiba 八思巴 (1235-1280), maître national, puis maître impérial, sous Kublai Khan, qui oeuvra efficacement pour la politique de ralliement des Tibétains ; de Yishan Yining 一山一寧(1247-1317)4, qui fut chargé de rétablir les relations sino-japonaises qui avaient été rompues à la suite des tentatives d'invasion du Japon par Kublai Khan,en 1274 et 1281 ; du maître national Amoghavajra, alias Bukong不空, qui fut l'un des moines les plus puissants sur le plan politique de toute l'histoire de Chine, dont l'immense autorité religieuse consolidait le pouvoir des dirigeants et favorisait la prospérité du pays ; et de plusieurs autres. Outre l'influence exercée par ces « maîtres nationaux » ou « impériaux », l'inculturation du Bouddhisme en terre chinoise, et son développement inégal mais continu pendant deux millénaires, est aussi évidemment dû à de nombreux autres moines et bouddhistes laïcs dont l'autorité morale et les écrits furent tout aussi, sinon plus, déterminants, et dont l'action s'inscrit elle aussi dans le cadre des relations bilatérales avec les autorités.

Cette interaction du Bouddhisme avec le Pouvoir civil et politique est un phénomène constant dans l'histoire de Chine. Elle explique à la fois le succès de la religion du Bouddha Sakyamuni dans l'Empire du Milieu, et l'intérêt que, dans leur ensemble, les princes et les empereurs lui accordèrent. Lors de la célébration du bimillénaire de l'introduction du Bouddhisme en Chine, en 1998, le Vén. Jing Hui净慧, vice-président de l'Association Bouddhiste, pouvait déclarer sans crainte d'être contredit :
« Le bouddhisme a été introduit en Chine voici maintenant deux mille ans. Au cours de ces deux mille ans,le bouddhisme a toujours joué un rôle manifeste de purification du cœur, il a élevé le niveau moral, assuré la paix et la stabilité du pays, favorisé l'unité nationale, protégé l'environnement, secouru les pauvres et les nécessiteux. Il a exercé une influence très profonde sur la politique, l'économie, la culture et les coutumes populaires de notre pays...

Le renouveau spectaculaire réalisé par le Bouddhisme depuis la politique d'ouverture de Deng Xiaoping, en 1978, fait apparaître de notables ressemblances avec le passé dans le processus d'interaction entre la religion du Bouddha et les dirigeants du pays. Aussi différent qu'il soit des dynasties féodales, le système socialiste de la République Populaire de Chine exerce en effet sur le Bouddhisme, comme sur toutes les religions du pays, une fonction de soutien et de contrôle similaire, tandis que les communautés bouddhistes, pour leur part, sont invitées à lui apporter leur concours pour favoriser la stabilité, l'unité et la prospérité nationales. L'axiome formulé par le Maître Dao An au 4ème siècle caractérise encore de nos jours, implicitement, les relations du Bouddhisme avec le gouvernement : "sans le soutien des dirigeants du pays, les affaires du Dharma ne sont pas sur un terrain solide ».

Le soutien et le contrôle du gouvernement s'opère de nos jours par l'entremise de l'Association Bouddhiste de Chine, dont les objectifs sont clairement définis par les statuts: « Les buts de l'Association Bouddhiste de Chine sont d'assister le gouvernement dans la mise en œuvre de la politique concernant la liberté des affaires religieuses, de protéger les droits et les intérêts légitimes des milieux bouddhistes, de propager les enseignements bouddhistes, de développer le Bouddhisme dans la ligne de ses traditions, d'unir les Bouddhistes au plan national, d'œuvrer pour le bonheur du peuple comme pour la prospérité du pays, de contribuer à l'unité de la mère patrie ainsi «qu'à la paix dans le monde. » A l'exception du Tibet, ces objectifs semblent ne rencontrer aucune opposition dans l'ensemble du pays, et avoir favorisé réellement le renouveau extraordinaire réalisé par le Bouddhisme dans l'espace limité d'une trentaine d'années. Ainsi, pourra-t-on faire un rapprochement entre le rôle confié jadis par les souverains à leurs « maîtres nationaux » ou « maîtres impériaux » et le rôle institutionnel assigné de nos jours par le gouvernement de la République Populaire de Chine à l'Association Bouddhiste de Chine. Les hauts responsables, au sein de cette association, exercent même personnellement une autorité morale et politique qui les apparente aux « maîtres nationaux » d'autrefois, et jouissent, tant en Chine qu'à l'étranger, d'une réputation qui favorise grandement les intérêts du Bouddhisme sur le plan national et international, ainsi que l'influence croissante de la culture traditionnelle chinoise dans le monde.

Dans un important discours à l'Unesco le 27 mars dernier, Xi Jinping習近平, le Président de la République Populaire de Chine, souligna la nécessité de promouvoir les échanges et le partage mutuel du savoir entre les civilisations. Ce discours, le premier d'un chef de l'Etat chinois devant cette organisation des Nations Unies, met comme jamais encore l'accent de façon nette sur la valeur et la signification de la civilisation traditionnelle chinoise, au point d'être appelé le manifeste de la renaissance de la civilisation chinoise. « A travers plus de 5000 ans de vicissitudes, affirme Xi Jinping, la civilisation chinoise est toujours restée attachée à sa racine originelle. En tant qu'identité culturelle unique de la nation chinoise, elle renferme nos activités culturelles les plus profondes et nous procure une nourriture abondante pour l'existence et le développement. La civilisation chinoise, bien que née sur le sol de Chine, est parvenue à sa forme actuelle grâce à de constants échanges et au partage du savoir avec d'autres civilisations .... »
« Un aspect important de ces échanges fut l'introduction du Bouddhisme venu de l'Inde, qui, après une période de développement intégré avec le confucianisme et le taoïsme autochtones, devint finalement le Bouddhisme avec caractéristiques chinoises, ayant ainsi un profond impact sur les croyances religieuses, la philosophie, la littérature, l'étiquette et les coutumes du peuple chinois...Le peuple chinois a enrichi le Bouddhisme à la lumière de la culture chinoise et développé quelques pensées bouddhistes ; de plus, il a aidé le Bouddhisme à se propager de Chine au Japon, en Corée, en Asie du Sud-Est et au-delà ».
Cette interaction du Bouddhisme avec le peuple chinois implique il va sans dire, dans l'esprit du Président de la République Populaire de Chine, l'interaction avec les dirigeants de la nation. Au nom de tout le pays, Xi Jinping indique clairement l'orientation à prendre : « la civilisation chinoise, avec les riches et brillantes civilisations créées par le peuple d'autres pays, procurera à l'humanité une direction culturelle juste et une forte motivation ». Dans l'ensemble des civilisations du monde, appelées à s'enrichir mutuellement dans l'harmonie, la civilisation millénaire chinoise se présente ainsi comme un partenaire riche et potentiellement des plus efficaces. Civilisation qui englobe les religions et philosophies traditionnelles, et en particulier le Bouddhisme, lequel est devenu au cours des siècles une composante essentielle de la culture chinoise. En indiquant comme nous venons de le voir l'orientation à prendre, le Président de la République Populaire de Chine exprime aussi l'espérance placée par le peuple chinois et ses dirigeants dans la religion bouddhiste pour favoriser le rôle international de la Chine sur le plan culturel. L'interaction entre le Bouddhisme et les autorités chinoises se manifestera désormais, plus qu'ailleurs, dans la « sortie » de la civilisation traditionnelle hors des frontières pour exercer, dans le concert des civilisations de l'humanité, une influence à la mesure de son histoire millénaire.

Faisant écho au discours-programme de Xi Jinping à l'Unesco, les milieux bouddhistes s'engagent désormais quant à eux à promouvoir la civilisation chinoise sur le plan international. Le Vén. Xue Cheng學誠法, vice-président de l'Association Bouddhiste de Chine, et l'une des personnalités les plus en vue du Sangha, aime à souligner le fait que le Bouddhisme est, des trois composantes religieuses de la Chine, celle qui a eu et aura le plus d'influence. Après s'être propagé en Asie de l'Est et du Sud-Est, le Bouddhisme s'étend aujourd'hui en Europe et aux USA, et sert de puissang véhicule à la renaissance de la culture chinoise. « Si nous espérons voir la culture chinoise, y compris la culture bouddhiste, s'avancer dans le monde, déclare le Vén. Xue Cheng, si nous espérons voir la civilisation de la Chine apporter une contribution encore plus grande aux civilisations de l'humanité, il faut surtout « sortir », aller dans toutes les régions du monde, apprendre les langues, comprendre les cultures des différentes contrées, et dans un processus d'auto-amélioration continuel, permettre à la culture chinoise d'apporter du bonheur aux hommes, et à la culture bouddhiste, par la qualité spirituelle de sa compassion et de son aide secourable, d'apporter de la fraîcheur dans le monde ». C'est aussi la conviction du Vén. Yong Xin永信法師, Abbé du temple Shaolin少林寺 et vice-président célèbre de l'Association Bouddhiste de Chine . Le temple Shaolin, par ses tournées d'arts martiaux dans le monde, non seulement fait connaître la quintessence de la culture traditionnelle, mais plus encore propage cette culture même en dehors de la Chine . Faire « sortir » de Chine la culture, étendre l'influence de la culture chinoise, et renforcer les échanges avec les autres pays, tel est le rôle capital que veut jouer le temple Shaolin, sous la direction dynamique de son Abbé .

En « sortant » de Chine, la culture bouddhiste chinoise contribuera à étendre l'influence de la civilisation traditionnelle chinoise dans le monde, tandis que la montée internationale de la Chine, en passe de devenir une grande Puissance économique et politique, favorisera l'extension du Bouddhisme dans de nombreux pays. L'interaction entre la religion du Bouddha et les autorités chinoises, qui a fait ses preuves depuis deux mille ans, prend aujourd'hui une nouvelle ampleur, à l'échelon planétaire.


1 仁王經, Ren wang jing. Son nom complet est Soutra Prajnaparamita pour les rois humains qui protègent leur pays. Dans certains temples chinois, ce soutra est utilisé de nos jours pendant les prières faites pour le gouvernement et le pays.
2 金光明經, Jinguang ming jing. C'est un soutra important, l'un des soutras Mahayanas les plus populaires à toutes les époques.
3 Le successeur de Shile, l'empereur Shihu, promulgua un édit déclarant Fo Tudeng « trésor national » et lui octroya de nombreux privilèges.
4 Il fut "Président du bouddhisme des provinces du Jiangsu et du Zhejiang », un titre à peine inférieur à celui de « Maître national », et fut, après splana mort, honoré du titre de « maître national » à titre posthume.

Saturday, 12 July 2014 00:00

Renewal of Buddhism in Mainland China and its Interaction with the Government

Since the reform and opening up policy ushered in by Deng Xiaoping in 1978, Buddhism in mainland China is experiencing a dramatic revival. Out of the five major religions in China, it is in fact the one which has taken the most advantage of the conditions created by the government. Millions of tourists, Chinese or foreign, who take trips in China each year can attest to the fact that a large majority of the most popular sites are Buddhist shrines, constructed, or rebuilt within thirty-odd years. Almost entirely destroyed during the Cultural Revolution, the religion of Buddha Sakhyamuni rises from its ashes today with a surprising vitality, which shows his willingness to take his place in contemporary Chinese society and, as in the past - even more perhaps than in the past - to play a leading role in the modernization of the country.


According to official statistics, there are now more than13,000 buddhist temples in China, and about 200,000 monks and nuns. There are more than 3,000 temples and monasteries for Tibetan-language Buddhism, that is to say, lamaism, with 7 million faithful belonging to various ethnic groups, mainly Tibetans and Mongols, and about 120,000 monks and nuns. Pali-language Buddhism, mainly practised among various ethicities in south and south-west Yunnan, has around 1.5 million practitioners, with 8,000 monks and nuns in more than 1,000 temples and monasteries. The temples and monasteries of the Han nationality, which constitutes the main body of the Chinese nation, number around 9,000, with more than 70,000 monks and nuns.


Another sign of vitality is that several buddhist studies institutes have been also set up or reopened, with a view to training an elite class of monks and nuns with a deep spiritual life combined with a high level of education. This has resulted in many monks and nuns having a good knowledge of their religion and of modern sciences and they have already started to contribute to the propagation of Buddhism and to its dynamic integration in the socialist Chinese society of the 21st century. The first one was the China Buddhist Institute, reopened in Beijing, at the Fayuan Si (法源寺) in 1980.

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All these achievements, and many others, have been possible only with the help and under the control of the government. The majority of temples, monasteries, and institutes which have been restored or rebuilt after the Cultural Revolution have received a substantial amount of financial support from state organisms, and the various activities which take place in them are subjected to the approval of the authorities, just like the other religions in the country. The extraordinary revival of Buddhism observed presently in China shows that the government is itself directly interested in the progress of a religion which, in the past, has played a decisive role in chinese history and civilization.

To better understand this interaction between Buddhism and the Chinese government, it may be useful to look back on the two thousand year history of Buddhism in China. It appears clear from the outset that the religion that came from India could take root and grow in the Middle Kingdom only with the support of civil authorities. This is clearly recognized by Master Dao An (道 安) (312-385) , a renowned translator and interpreter of Buddhist Scriptures of the Eastern Jin dynasty, which laid down the principle that "without the support of the leaders of the country, the affairs of the Dharma are not on solid ground." This principle, which somehow summarizes the history of the establishment of Buddhism in China, is also a kind of axiom that defines the line adopted over the centuries by the Sangha. The fate of the temples, their prosperity or decline depends on good relations with the state. What we read in the Annals of the Guoqing temple (國清寺) (Zhejiang) can be said of the vast majority of temples: "Over the centuries, the Guoqing Temple flourished and widely spread the Dharma thanks to the magnanimity of princes and emperors; wars and the contempt of the powerful led to Buddhism's decline. The Buddhsit tradition has continued uninterrupted - from profliferation to decadence and from decadence to profliferation - such is the characteristic of the history of the age-old development of the Guoqing Si". Zanning (贊寧) (919-1001), a Buddhist Master and author of Biographies of eminent monks of the Song Dynasty said one day: "Buddha entrusted the Dharma to kings and ministers." He was probably referring to two sutras now considered apocryphal, but which had throughout the history of China a decisive influence on the attitude of the princes towards Buddhism: the Humane King Sutra1 and the Golden Light Sutra2. In "entrusting the Dharma to kings and ministers," Buddha not only entrusted to them the protection of religion, but by this very fact gave them an authority allowing them to exercise direct control over the Sangha. The history of the temples shows that they are the ones who allowed the construction of monasteries, and often provided at least part of the funding; they also gave the temples their official names by the gift of an inscription together with an official seal, thereby giving it right to exist; they, also, were the who appointed the priors (fangzhang) of the main temples and give them the title of "national master" or "imperial master."


In short, the existence and activities of monasteries depended on their goodwill. They also often depended on their generosity, for princes and emperors like to be magnanimous and to give lavish donations: liturgical instruments, paintings, calligraphy, poems, precious objects, Tripitaka and so on, which make and enrich the cultural patrimony of the temples.

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Naturally, the rulers of China's history were not all in favor of Buddhism, as evidenced by the great persecutions of the religion at various times, especially in the time of Emperor Wuzong (武宗) (841-845) of the Tang dynasty. But we can mention here, by way of illustration, the names of some of them who exerted the most positive influence on the development of Buddhism:

  • Liang Wudi (梁武帝) (502-549) He was the most fervent and the most liberal of the sovereigns of the Southern Dynasties, who were all favourable to Buddhism. A great supporter of the Sangha, he was nicknamed " the Bodhisattva Emperor"; leading his subjects to observe the Precepts, he entered himself on several occasions in a monastery, and built numerous temples, including the Kaishan Si (開山寺, now Linggu Si 靈谷寺), in Nanjing, to honour the memory of his favourite adviser, the Monk Bao Zhi (寶志).
  • Wu Zetian (武則天) (684-704) considered herself as the mother of Buddha, and the incarnation of Maitreya. Having formerly spent three years in a convent of Bikkhunis, she showed a special fondness for Wutaishan, where she built several temples and pagodas, donating to the mountain's collection of books, statues and valuables.
  • Kubilay Khan (1214–1294) From Kubilay (Shizong世宗), the founder, to Shundi (順帝), the last of the dynasty, the rulers of the Yuan dynasty were all fervent supporters of Buddhism, on which they lavished presents and favors. The number of temples increased, and the monastic population grew in a spectacular way. The most famous Lama was Basiba (八思巴), whom Kubilay named an imperial Master and his Prime Minister; he gave him the imperial seal and appointed him Great Pontiff of the Central Plain, enjoying authority over all Buddhists in the Empire. Basiba created the written language which bears his name; it entered common usage in 1269, and was the official language throughout the whole Yuan dynasty.
  • Zhu Yuanzhang (朱元璋) (1368-1398), the founder of the Ming dynasty had been a monk during his youth, and showed a great interest in Buddhism, both in terms of his personal convictions and for political motives. He helped it develop and organize, drawing up strict rules for admission to the Sangha and for monastic discipline.
  • Kangxi (康熙) (1662-1722) considered himself as the incarnation of the Wuliangshou Buddha (Buddha of Infinite Life, i.e. Amithaba). He visited the sacred mountain of Wutaishan five times; among other significant gestures, he conferred on the Great Lama of the Pusa Ding lamasery the seal of Governor, and ordered all the Authorities of Shanxi, including the Governor of the province and the General commandant of Datong, to pay him tribute. He had the great halls of the temple covered with glazed yellow tiles, a colour normally reserved for the buildings of the imperial family.
  • Qianlong 乾隆 (1736–96) considered himself the incarnation of the bodhisattva Guanyin. He visited Wutaishan six times, each time leaving laudatory signs of his passage, in the form of poems and calligraphy. At the death of Yong Zheng, he transformed the former Palace of the latter, the Yong He Gong, into a lamasery with imperial colours, conferring to Tibetan Buddhism one of the most prominent and most envied position in the heart of the Capital.
  • Cixi 慈喜 (1835-1908) also considered himself the incarnation of the bodhisattva Guanyin. She liked to be called "Laofoye" (老佛爷), meaning the old Buddha.

These examples and many others in the two thousand year history of Buddhism in China, show that when he "entrusted the Dharma to kings and ministers," the Buddha Sakyamuni actually secured the establishment and development of the religion in the Middle Kingdom.

The support of the princes demanded that Buddhists of the country made a commitment to promote national prosperity, security and stability. This responsibility was assumed largely by those of the members of the Sangha to whom was conferred the honorary title of "national master" 國師 or "imperial master" 帝師. Advisors to the sovereigns, they controlled the organization of monastic communities on the ground, and with their prestige and influence, contributed to the legitimacy of the central power. This was the case, for example, of Fo Tudeng (佛圖澄) (232-348), senior adviser to Emperor Shile (石勒) of the Zhao, thanks to whom Buddhism became the official religion of the kingdom3; of the national Master Kumarajiva (鳩摩羅什) (343-413?) whose unmatched quality of translations' ensured Buddhism a leading position); of Xuanzang (玄奘) (ca 600-664), who, without having the official title of national master, enjoyed the exceptional favor of the emperor, and made Buddhism in China a privileged religion; of the national master Amoghavajra, also known as Bukong (不 空) (705-774), who was one of the most powerful monks politically in the history of China, whose great religious authority consolidated the power of the leaders and promoted the prosperity of the country; of the national Master Chengguan (澄觀) (738-838), the fourth patriarch of Huayanzong, the School of the Flower Garland, who was the spiritual master of seven successive emperors; of Basiba 八思巴 (1235-1280), national then imperial master under Kubilay Khan, who worked efficiently for the political rallying of Tibetans; of Yishan Yining (一山一寧) (1247-1317), who was made responsible for restoring Sino-Japanese relations that had been broken off after the attempted invasions of Japan by Kublai Khan, in 1274 and 1281; and of many others. Besides the influence of these "national " or "imperial" masters, the inculturation of Buddhism on Chinese soil, and its uneven but continuous development for two millennia, were obviously also due to many other monks and lay Buddhists whose moral authority and writings were equally, if not more, critical, and whose action developed also in the framework of bilateral relations with the authorities.

This interaction of Buddhism with the civil and political power has been a constant phenomenon in the history of China. It explains both the success of the religion of Buddha Sakhyamuni in the Middle Kingdom, and the interest, as a whole, that princes and emperors granted it. During the celebration of the two thousandth anniversary of the introduction of Buddhism in China in 1998, Ven. Jing Hui (凈慧), vice-chairman of the Buddhist Association, could declare without fear of being contradicted: "Buddhism was introduced to China two thousand years ago. During these two thousand years, Buddhism has always played an obvious role of purification of the heart, it has raised the moral level, ensured the peace and the stability of the country, favoured national unity, protected the environment, assisted the poor and the needy. It has exerted a very deep influence on the politics, the economy, the culture and the popular customs of our country..."

The spectacular revival accomplished by Buddhism since the reform and opening up policy of Deng Xiaoping in 1978, shows notable similarities with the past in the process of the interaction between the religion of the Buddha and the country's leaders. Different as it is from the feudal dynasties, the socialist system of the People's Republic of China exerts on Buddhism, like on all religions in the country, a similar function of support and control, while the Buddhist communities, for their part, are invited to help with promoting national stability, unity and prosperity. The axiom formulated by Master Dao An in the 4th century is still true today, implicitely, the relations of Buddhism with the government: "without the support of the country's leaders, the affairs of the Dharma are not on solid ground."

The government's support and control effect change today through the Buddhist Association of China, whose objectives are clearly defined in the statutes: "The aims of B.A.C. are to assist the government to implement the policy on freedom of religious affairs , to protect the legitimate rights and interests of Buddhist circles, to propagate Buddhist teachings, to develop Buddhism under its traditions, to unite Buddhists nationwide, to work for the happiness of people as well as the prosperity of the country, to make contributions for the unity of the motherland as well as world peace." With the exception of Tibet, these objectives seem to meet no opposition in the country, and have actually favored the extraordinary revival made by Buddhism in the limited space of about thirty years. Thus can we make a connection between the role formerly entrusted by the rulers to their "national " or "imperial masters" and the institutional role assigned today by the government of the People's Republic of China to the Buddhist Association of China. The high-ranking officials in this association, exercise a moral and political authority that make them resemble the "national masters" of the past, and enjoy, both in China and abroad, a reputation that greatly favors the interests of Buddhism on the national and international levels, as well as the growing influence of traditional Chinese culture in the world.

In an important speech at the UNESCO on March 27, Xi Jinping (習近平), the President of the People's Republic of China, stressed the need to promote exchanges and mutual sharing of knowledge among civilizations. This speech, the first of a Chinese head of state before this organization of the United Nations, puts focus clearly as never before on the value and meaning of traditional Chinese civilization, to the extent of being called the manifesto of the renaissance of Chinese civilization:


"Having gone through over 5,000 years of vicissitudes, the Chinese civilization has always kept to its original roots. Unique in representing China spiritually, it contains some most profound pursuits of the Chinese nation and provides it with abundant nourishment for existence and development. Though born on the soil of China, it has come to its present form through constant exchanges and mutual learning with other civilizations..."


Buddhism originated in ancient India. After it was introduced into China, the religion went through an extended period of integrated development with indigenous Confucianism and Taoism and finally became the Buddhism with Chinese characteristics, thus making a deep impact on religious belief, philosophy, literature, art, etiquette and customs of the Chinese people.

It goes without saying that, for the president of the People's Republic of China, this interaction of Buddhism with the Chinese people means also interaction with the leaders of the nation. On behalf of the whole country, Xi Jinping points clearly to a certain direction:

"the Chinese civilization, together with the rich and colorful civilizations created by the people of other countries, will provide mankind with the right cultural guidance and strong motivation".

Thus, among all the world's civilizations, the thousand years old Chinese civilization appears to be a rich and potentially most effective partner. A civilization that encompasses traditional religions and philosophies, especially Buddhism, which has become over the centuries an essential component of Chinese culture. While showing, as we have just seen, the direction to be taken, the president of the People's Republic of China also expresses the hope placed by the Chinese people and their leaders in the Buddhist religion to promote the international role of China on the cultural level. The interaction between Buddhism and the Chinese authorities will from now, more than anywhere else, manifest itself in the traditional civilization "going out" beyond the frontiers in order to exert, within the alliance of civilizations of mankind, an influence commensurate to its thousand years old history.

Echoing the keynote speech of Xi Jinping at UNESCO, Buddhist circles are now committing themselves in turn to promote Chinese culture internationally. Ven. Xue Cheng (學誠), vice-chairman of the Buddhist Association of China, and one of the most prominent personalities of the Sangha, likes to emphasize the fact that Buddhism is, of the three religious components of China, the one which has had and will have the greatest influence. After being propagated in East and South East Asia. Buddhism has now extended its reach to Europe and the USA, and acts as a powerful vehicle for the revival of Chinese culture.

"If we hope to see Chinese culture, including Buddhist culture advance in the world", said Ven. Xue Cheng, "if we hope to see the civilization of China make an even greater contribution to the civilizations of mankind, we must above all 'go out' , go into all regions of the world, learn languages and understand the cultures of different countries, and in a process of continual self-improvement, allow the Chinese culture to bring happiness to men, and Buddhist culture, by the spiritual quality of compassion, bring freshness in the world."

This is also the conviction of Ven. Yong Xin (永信), abbot of Shaolin Temple (少林寺) and renowned vice-chairman of the Buddhist Association of China. The Shaolin Temple, by touring martial arts in the world, not only makes known the essence of traditional culture, but still more spreads this culture outside of China, helping China's culture "go out" into the world, expand its influence, and strengthen exchanges with other countries. Thjis is the crucial role that Shaolin Temple wants to play under the dynamic leadership of its abbot.

In "going out" of China, Chinese Buddhist culture will help expand the influence of Chinese civilization in the world, while the international rise of China, which is on the way to becoming a major economic and political power, will promote the extension of Buddhism in many countries. The interaction between the religion of the Buddha and the Chinese authorities, which has proven itself for two thousand years, takes on now a new dimension, at the global level.

Christian Cochini s.j.
Hongkong, June 19, 2014

 

For the original French please click here


1 仁王經, Ren wang jing. Its full name is the Prajnaparamita Sutra for Humane Kings Who Protect their Country. In some Chinese temples, this sutra is used today during prayers on behalf of the government and the country.
2 金光明經, Jinguang ming jing. It is a very important Mahayana sutra, and one of the most popular Mahayana sutras of all times.
3 The successor of Shile, emperor Shihu, promulgated an edict making Fo Tudeng a « national treasure » and granted him many privileges.

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