Erenlai - 按日期過濾項目: 週三, 21 七月 2010
週三, 21 七月 2010 17:28

Tarana by Coromandel Express

Coromandel Express perform their track 'Tarana'.

For readers in mainland China (Apologies for any advertisements):

You can watch an interview with the band here.

週三, 21 七月 2010 16:58

All aboard the Coromandel Express

Coromandel Express formed in early 2010.  The group takes its name from the Indian train - 'The Coromandel Express' - that links Kolkata in the north with Chennai in the south.  With Page Byassee (蘇珮卿) on flute, harp and vocals and Cody Byassee (白克迪) on kanjira and percussion representing south Indian music and Yo (金光亮平) on sitar and Waka (若池敏弘) on tabla representing that of the north, the sounds of Coromandel Express reflects the cross-country journey of its namesake train.
週三, 21 七月 2010 11:21

Levinas à Taiwan.

Soudain, je me suis retrouvé dans un paysage de montagnes, le ciel bas, les nuages flottant sur les sommets pour l’heure invisibles. J’allais commencer un enseignement consacré à Emmanuel Levinas dont l’œuvre ne cesse de rayonner aux quatre coins du monde. J’étais étonné depuis plusieurs semaines, ayant reçu une invitation à venir de l’autre côté de la terre faire découvrir cette pensée qui continue à m’intriguer par sa force et sa faiblesse.

Ayant à mes côtés un traducteur qui est devenu au fil des jours un ami, j’ai commencé à parler, à présenter, à expliquer. Les visages étaient attentifs, les corps silencieux pliés sur les feuilles, cahiers et écrans qui se remplissaient de signes qui m’émerveillaient : mes mots transcrits en caractères chinois à très grande vitesse !

Apprivoisement mutuel, régulation de mon débit, attente patiente de la traduction, écoute du silence qui régnait en ce lieu, puis premières questions. Il m’est arrivé d’enseigner Levinas à des auditoires multiples au fil des années, jamais je n’avais eu des questions aussi pertinentes dès la première séance. Les étudiants allaient droit au cœur des difficultés, non pour les pointer et faire les scribes intelligents mais bien pour tenter de comprendre un peu mieux cet auteur qui les attire et dont la pensée est difficile.

Qu’est-ce qui les attire en cette pensée si particulière, née dans une culture si différente ? J’ai perçu que l’effort fait par Levinas pour penser l’altérité les fascine et les surprend. Est-il vrai que l’altérité est d’abord et avant tout celle de l’autre homme ? N’y a-t-il pas aussi l’altérité du monde ? L’altérité de l’animal ? Comment comprendre cette pensée de l’altérité lorsque la structure familiale est si importante et déterminante pour se comprendre et se situer dans la société ?

La lecture partielle de la première grande œuvre Totalité et Infini a permis de comprendre comment Levinas traite ces questions et justifie ses choix. Une pensée de l’éthique si radicale interroge des êtres nés dans le bouddhisme ou le confucianisme et apparut peu à peu une question propre à toute société aujourd’hui : Qu’est-ce que le bien commun ? Comment vivre les uns avec les autres ? Qu’est-ce qui fait loi dans ce que Levinas appelle « l’entre-nous » ?

Il y avait quelque chose d’étrange dans cet échange au fil des jours : une pensée très occidentale, pétrie au creuset grec et juif, touchait des jeunes chinois dans leur être propre et leur être ensemble. Et j’ai découvert une réelle connaissance des auteurs qu’ils citaient, que ce soit Foucault, Derrida, Deleuze, Bachelard, Arendt entre autres. Les auteurs sont lus, ils sont situés les uns par rapport aux autres et leurs questions sont perçues comme vitales.

J’ai rencontré des étudiants extrêmement sérieux, travailleurs, modestes, habités par le goût de ce travail si particulier qu’est le travail de la pensée. Et j’ai à nouveau fait l’expérience de la transmission comme parole adressée à d’autres, parole qui est reçue à chaque fois sur des terreaux différents qui accueillent plus ou moins facilement ou volontiers ces mots qui tentent de faire entendre une voix. La voix de Levinas était claire, légère comme une flûte : elle résonne aujourd’hui et vibre en des intelligences qui n’en ont pas fini de s’expliquer avec le monde, avec eux-mêmes, avec autrui. C’est toujours un autre qui nous indique le chemin, qui nous fait le don des mots pour comprendre l’expérience d’être-là avec d’autres en ce monde.

Ces jours en ce lieu, Huafan University, ont été l’écoute de cette voix qui nous provoque à dire, à penser, à traduire en nos lieux singuliers qu’être homme va toujours avec l’autre homme et le souci de tous les hommes.

Un après-midi, le soleil a fait son apparition et a lentement dissous les nuages ; les sommets proches sont apparus, se découpant dans le lointain, dans une clarté si singulière et si belle, comme une pureté espérée depuis tant de jours. Il y avait là une expérience partagée de la beauté et de la surprise devant tant de simplicité.

Le monde, ici et maintenant, nous étonnait par sa fulgurance et cette fulgurance partagée nous reconduisait à notre texte : l’existence est sans fin partagée, dans ses déchirements et ses splendeurs. Autrui est celui avec qui je partage le monde et à qui je donne ce qui m’est le plus cher. Levinas, par le silence de sa voix maintenant éteinte et vibrant dans son texte, nous donnait de reconnaître ce don. Nos yeux l’ont ensuite lu avec une joie secrète et partagée.

 

Photo by J. Duraud

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